A la vitesse de la lumière
Javier Cercas
traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, 285 pages
Actes Sud
21 €
Après les Soldats de Salamine, Javier Cercas se met de nouveau en scène dans un roman sombre où réalité et fiction s’entremêlent.
Un écrivain prometteur quitte Barcelone pour l’université d’Urbana près de Chicago. Il y rencontre Rodney, vétéran du Viêt-Nam ravagé par ses souvenirs de guerre, avec lequel il entretiendra une amitié faite d’échanges littéraires.
Les deux hommes seront séparés durant plusieurs années, l’un, Rodney sombrant, torturé par les fantômes du passé, l’autre (Cercas ?) rongé par la culpabilité après un succès littéraire fulgurant.
Dès lors, une réflexion sur la tâche de l’écrivain se fait jour. Pourquoi écrire dans un monde où la capacité de l’être humain à faire le mal est illimitée ? Javier Cercas répond : pour se donner les moyens d’affronter cette réalité, cette souffrance ; « Parce qu’écrire était la seule chose qui pouvait me permettre de regarder la réalité sans me détruire ou sans que celle-ci s’abatte sur moi comme une maison en flammes, la seule chose qui pouvait doter la réalité d’un sens ou d’une illusion de sens. »
Un très grand roman par l’un des meilleurs auteurs espagnols contemporains.
Marie-Pierre CHARLES
Publié le 28 juin 2007