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Dans la nuit du 12 au 13 mars 1964, à New York, une jeune femme, Kitty Genovese, fut sauvagement assassinée en bas de son immeuble dans un des coins les plus agréables de Queens. Il se perpétrait environ dix mille meurtres par an aux Etats-Unis à cette époque. Celui-ci sera de fait mentionné à la page 12 du "New York Times". Et puis, coup de théâtre,deux semaines plus tard : le 27 mars, le même quotidien consacre sa une à cet assassinat, écrite par un jeune journaliste, Martin Gansberg, qui commence ainsi : Pendant plus d’une demi heure, trente huit citoyens de Queens, respectables et respectueux de la loi, ont regardé un tueur traquer et poignarder une femme. Trente huit témoins, trente huit complices ? L’enquête des inspecteurs a croulé sous les témoignages : au petit matin, les dépositions furent nombreuses, tout le monde avait vu ou entendu quelque chose et était désireux d’aider la police : ce qui permit de reconstituer minute par minute le calvaire de Kitty Genovese, qui commença à 3 h15... jusqu’à 3h50 où, enfin, mais beaucoup trop tard, quelqu’un appellera la police. Par le biais d’un personnage imaginaire, Nathan Koschel, un écrivain habitant l’immeuble mais absent cette nuit-là, Didier Decoin revient sur cette affaire qui eut sur la société américaine l’effet d’un électrochoc. Une affaire à la suite de laquelle sera créé le 911, n° d’appel d’urgence des secours, une affaire qui deviendra un cas d’école entrant dans les annales de la psychologie sous le nom de "syndrôme Kitty Genovese", concernant "une personne qui assiste à un événement sans s’y impliquer". Florence LORRAIN La collection "Ceci n’est pas un fait divers" Publié le 13 juin 2009
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