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C’est dans une petite ville de Bretagne « qui baille – La Bretagne de l’intérieur, la mer est loin, rien de pittoresque – » que Gabriel a décidé de s’installer, un matin d’octobre, pour quelque temps. Généreux et conciliant, attentif et présent, il va facilement vers les autres sans pour autant être un grand bavard. Son écoute et sa disponibilité, après avoir provoqué la surprise –« tant de générosité spontanée, ce n’est pas courant » –, finissent par donner confiance, et c’est ainsi qu’il fait connaissance avec d’autres personnes, entre lesquelles (et grâce à qui) des liens vont se tisser : il y a José, patron du café Le Faro, désemparé par l’hospitalisation de sa femme, Madeleine, réceptionniste à l’hôtel de la Gare où Gabriel est descendu, qui choisit d’être belle ou laide selon les jours, et aussi Rita et Marco, un couple de marginaux drogués au bout du rouleau, qui s’aiment au point qu’ils pourraient s’entretuer, ils ne s’en voudraient pas... Tout en lisant avec un vif plaisir et aussi avec tendresse cette histoire, on se demande néanmoins : mais qui est ce Gabriel ? D’où vient-il ? Pourquoi est-il là ? Que lui est-il arrivé ? Que veut-il exactement ? Gabriel ne répond à aucune de ces questions, se défilant habilement, et ses nouveaux amis n’insistent pas. Mais Pascal Garnier, lui, n’oublie pas ces questions, par le biais de paragraphes en italliques distillés ça et là, faisant naître peu à peu le malaise... On retrouve la fine écriture de Pascal Garnier, son humour déroutant, son art du dialogue, son empathie pour ses personnages, tout ce qui fait que la parution de chaque nouveau livre est une fête. La théorie du Panda confirme, si besoin était, son immense talent, écrit très justement son éditrice Laure Leroy. Rappelons que Pascal Garnier fut récompensé par le Grand prix de l’humour noir en 2006 pour Flux (Zulma). Mais laissons lui les mots de la fin avec un court extrait de La théorie du Panda : « — Qu’’est-ce que vous allez faire à présent que vous êtes riche ? — M’emmerder comme un riche. Comme un pauvre j’ai déjà donné. » Florence LORRAIN Publié le 14 février 2008
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