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Le château de verre
Jeannette WALLS

traduit de l’américain par Bella Arman 375 pages
Laffont
20 €

Jeannette Walls est connue de tout New-York, lit-on sur la quatrième de couverture : chroniqueuse mondaine évoluant dans le monde des célébrités, son livre a bouleversé ceux qui pensaient la connaître et n’auraient jamais imaginé ce qu’elle avait vécu durant son enfance. Quasiment inconnue en France, ce texte ne peut évidemment toucher les lecteurs de la même façon. Et pourtant, nous voici complètement subjugués par ce récit dans lequel elle raconte une enfance chaotique avec ses frères et soeurs dans les années soixante, entourés de parents hallucinants ayant opté pour une marginalité basée sur le rejet de la société de consommation, le culte de la nature, de l’art et de la liberté.

Les parents : un père épique, idéaliste, ancien pilote de l’armée, mathématicien et conteur captivant qui faisait croire à ses enfants qu’il leur construirait un jour un château de verre en plein désert. Un mère, peintre et écrivain, institutrice de métier, qui pensait qu’il fallait permettre aux enfants de faire ce qu’ils voulaient, quel que soit l’âge, « parce que c’était ainsi qu’ils tiraient les leçons de leurs erreurs ».

Jeannette et ses frères et soeurs vont mener avec ces parents une vie misérable, en dehors de toute aide sociale refusée par ces derniers, ponctuée de déménagements précipités à travers les Etats-Unis, pourvoyant souvent eux-mêmes à leurs propres besoins (nourriture, habillement,...). Ce ne fut pas pour autant une enfance malheureuse, car ces deux adultes, certes inconséquents, mais complètement sincères quant à leur conception du monde, avaient un principe auquel ils n’ont jamais dérogé : l’instruction. Ce furent des parents aimants qui, loin de se désintéresser de leurs enfants, les ont toujours encouragés à se prendre en main, leur ont inculqué l’estime de soi et les ont poussé à prendre leur envol, c’est-à-dire les quitter. De fait, ces enfants, qui auraient pu devenir des adultes inadaptés à la société, s’en sont très bien sortis. Chacun a réussi à faire sa place au sein de cette société, tandis que leurs parents optaient définitivement pour la clochardisation, tout en étant très fiers de leurs enfants ! 

Florence LORRAIN

Publié le 15 mai 2008