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« C’est pas seulement à Paris que le crime fleurit, nous, au village, l’on a aussi de beaux assassinats. » (*) Et les bois sont propices à cela, où l’on retrouva l’Alice, morte étranglée et nue dans une commune du Cantal au coeur de l’hiver 69. Marie a beaucoup pensé aux habits disparus, qu’elle avait aimé regarder sècher parmi d’autres, suspendus dans la cour des voisins, colorés et fripés. Les années ont défilé, Marie n’a cessé d’écouter les voisins, qui ont prospéré, procréé, acheté, investi, construit, fermiers modèles qui reprendront les terres et la maison Santoire quand les deux derniers habitants auront cessé de résister. Les deux, Marie et son frère Jean, quatrième et dernière génération d’une famille de paysans autrefois prospères. On n’a jamais beaucoup parlé chez les Santoire, et ces deux-là ont vécu sous le joug d’une mère qui a toujours pensé que, décidé, empêché, écrasé, "impitoyable croisée", reine d’un monde en voie d’extinction, celui des derniers paysans. Marie et Jean sont à la retraite, toujours là, jamais partis. Ils vivent en silence, en bas de la maison aux pièces fermées sur des armoires remplies du linge repassé des morts. « Nous, au village, aussi, l’on a de beaux assassinats », et cela donne de beaux romans noirs, et celui-là, écrit dense, pas un mot en trop, un verbe qui ne plaisante pas, et la promesse d’une fin à glacer le sang. (*) : George Brassens Florence LORRAIN Publié le 22 janvier 2008
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