Les enfants de l’empereur
Claire Messud
traduit de l’anglais (Etats-Unis) par France Camus-Pichon, 594 pages
Gallimard
25 €
Ecrivaine américaine, née en 1966, Claire MESSUD nous entraîne, dans son dernier roman « Les enfants de l’empereur », dans le milieu « intello-branché » du New-York de l’an 2001. Elle nous fait partager les rêves de trois amis intimes : la belle Marina, qui, à 30 ans, vit toujours chez ses parents et travaille à « son livre », Danielle, réalisatrice télé et Julius, critique littéraire à la pige, tous trois à la recherche de l’amour et de la réussite professionnelle.
Des rêves donc, qui se complexifient en croisant trois autres personnages : d’abord le père de Marina, Murray Thwaite (l’empereur), « soixantehuitard », journaliste engagé, brillante figure charismatique et voix de la contestation de l’intelligentsia new-yorkaise, puis le jeune cousin de province de Marina, Bootie, en plein déroute, à la recherche d’un modèle (tout trouvé : l’empereur ! ), idéaliste, pétri d’intransigeance comme on l’est à 20 ans et enfin le beau Ludovic, objet de toutes les convoitises et manipulateur né.
Enfin, il y a New-York, septième (et non des moindres) personnage à part entière de ce roman que Claire Messud, fait vivre ici aussi intensément que les six autres.
Et ces SEPT personnages vont se croiser, se mêler, se blesser, s’aimer, jusqu’à l’apocalypse du 11 septembre où les certitudes des uns et des autres vont basculer et où New-York, amputé et meurtri, à l’unisson des six autres, ne sera plus tout à fait le même.
On est dans ce livre à mi-chemin entre Paul Auster, écrivain new-yorkais de référence et « Les chroniques de San Francisco » d’Armistead Maupin, avec des personnages tout aussi attachants qu’agaçants et drôles autant que pathétiques. Claire MESSUD nous offre un livre plein de finesse dans l’analyse des caractères et plein d’humour, même dans les moments les plus graves.
Ron Howard projette d’en faire un film.
Marie-Claude B.
Publié le 29 mai 2008