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Malacarne
Giosuè Calaciura

Traduit de l’italien par Lise Chapuis. 172 pages.
ed. Allusifs
16 €

« Commença alors la grande mattanza ( …). Monsieur le juge, l’abondance de l’activité homicide était telle qu’on n’avait plus le temps de mettre à jour le registre des morts par assassinat comme nous le faisions avec scrupule autrefois, les comptes c’était vous qui les teniez, monsieur le juge, nous vous avions délégué le rôle de comptable de notre nouvelle saison (…). Vous étiez tellement bien renseigné, dans la justice, que nous vous demandions nous mêmes des informations sur l’état des choses, qui gagne et qui perd, monsieur le juge, qui étaient les nouveaux chefs en train de monter, parce que pour ceux qui étaient en disgrâce, nous nous en apercevions tout seuls, quand nous les trouvions morts dans leurs voitures blindées, la portière ouverte dans le geste inachevé de la fuite impossible (…)
Voici un texte lyrique, poétique et violent : la longue adresse d’un malacarne (homme des basses besognes dans la mafia sicilienne) à un juge ; comme une dernière déclaration avant la peine capitale. Loin des clichés sur le code d’honneur et autres fadaises folkloriques, ce malacarne dresse l’extraordinaire tableau de la vulgaire rapacité et de la brutalité stupide de la mafia sicilienne, à travers un siècle de misère et de turpitudes en tout genre…
Une lecture vertigineuse.

Quentin SCHOËVAËRT-BROSSAULT

Publié le 2 août 2007